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Cyclones en cours et vigilance


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Il faut arrêter de regarder les prévisions cycloniques pour la saison

Le 26 juin 2020 à 17:30

Par Olivier Tisserant
4.91/5 (265)

Oui, le titre est un peu excessif, je l’admets, mais il fallait bien mettre les pieds dans le plat !

Il ne s’agit pas ici de discuter de la qualité et de la pertinence de ce genre de prévisions. Dans l’ensemble, ces prévisions sont de plus en plus fiables au fur et à mesure des années et des évolutions techniques. Il s’agit par contre de montrer que la corrélation que tout le monde pense évidente entre une saison active et le risque pour un territoire donné n’est pas avérée. Et je vais vous le démontrer avec des exemples illustrés et vous expliquer pourquoi ce n’est statistiquement pas fondé.

L'arc antillais n'est pas le bassin Atlantique

La première chose à absolument intégrer lorsqu’on lit ces prévisions c’est qu’elles parlent du bassin Atlantique dans son intégralité, ce qui inclut tout l’Atlantique nord, la mer Caraïbe et le golfe du Mexique. L’arc antillais, même s’il est positionné dans une zone privilégiée pour le développement cyclonique n’en demeure pas moins qu’une petite partie. Si on prend l’exemple de ce premier mois de la saison 2020, on a 4 systèmes nommés et aucun n’a concerné l’arc. Et cet exemple est loin d’être isolé.

Donc, une saison très active sur le bassin Atlantique n’implique pas nécessairement une saison très active sur l’arc antillais. Le meilleur exemple est celui de 2005. C’est la saison la plus active depuis 1950 avec pas moins de 29 cyclones .. il a fallut avoir recours à l’alphabet grec pour les nommer !!La saison cyconique 2005 sur l'Atlantique

Et pourtant si vous regardez la carte vous vous rendrez compte qu’un seul cyclone (Emily) est passé sur l’extrême sud de l’arc en tempête tropicale.

En 1967, la seconde saison la plus active, 2 systèmes (sur 26) sont passé sur l’arc antillais, un en dépression et l’autre en tempête.

Il faut remonter à 1995, 3e saison la plus active avec 19 systèmes, pour voir passer 3 cyclones avec Luis à proximité des îles du nord en Cat.4, Marilyn sur la Dominique en Cat.1 et Iris sur la Guadeloupe en tempête. 3 cyclones, c’est à peu près la moyenne saisonnière brute sur l’arc antillais.

On voit donc que sur les 3 saisons les plus actives, qui ont comptabilisé au total 74 systèmes,  5 sont passés par l’arc antillais dont seulement 2 en ouragan (1 Cat. 1 et 1 Cat. 4). La sur activité globale en Atlantique n’est pas un signe de l’activité sur l’arc antillais et encore moins sur une île donnée.

L'arc antillais est grand

Une seconde chose à bien intégrer est qu’à l’échelle d’une île, l’arc antillais est grand ! Si on prend la Martinique par exemple, on a une longueur de la côte Atlantique qui représente moins de 10% de la longueur (approximative) de l’arc. Et la Martinique est la 2e île en taille sur l’arc derrière la Guadeloupe. Donc même si 5 systèmes devaient franchir l’arc antillais (ce qui est rare, la moyenne est inférieure à 3) le risque pour une île spécifique serait encore faible. Pour les îles du nord, le risque quantitatif est donc encore plus faible. Par contre, sur le nord de l’arc, le risque d’intensité qualifié est plus élevé.

Je reviendrais dans un autre article à la notion de l’exposition linéaire de chaque île au risque cyclonique, qui avec sa latitude est l’élément déterminant du risque statistique.

Les statistiques parlent d'elles mêmes

Si on prend les chiffres depuis 70 ans la proportion des systèmes sur l’Atlantique ayant touché ou approché une île de l’arc antillais est finalement faible.

Iles Nb de cyclones Atantique % sur total Atlantique
Îles du nord 15 858 1,7%
Guadeloupe 26 858 3%
Martinique 18 858 2%

Et si on ramène ça à la prévision d’une saison, il n’y a plus d’incidence statistique pertinente.

Prenons une saison prévue très active, avec 22 systèmes nommés. Le risque statistique pour la Martinique serait de 22×2% soit 0,44%. Prenons une saison prévue peu active, avec 12 systèmes nommés. Le risque statistique pour la Martinique serait de 12*2% soit 0,24%. La différence entre 0,44% et 0,24% est totalement marginale : ça s’appelle simplement la chance ou la malchance. Des écarts nominaux de ce niveau ne sont absolument pas représentatifs pour déterminer un risque !

Donc, au niveau d’une île, le risque est à peu près équivalent et avéré … que la saison soit prévue active ou non !

Quelles conclusions en tirer ?

La première est celle que je rappelle TOUT LE TEMPS : quelle que soit la prévision, la préparation et la vigilance doivent être strictement les mêmes. C’est le point clé de la prévention. Que la saison soit prévue active ou non le risque statistique est quasiment le même pour une petite île donnée. Il n’est donc pas nécessaire de stresser en cas de saison prévue active et il ne faut pas être laxiste en cas de saison prévue peu active.

La seconde est que ces prévisions sont des outils destinés à donner une vision globale du risque. Mais encore plus une vision du risque pour les Etats-Unis. Parce que c’est bien de cela dont il s’agit : le risque pour le plus grand territoire concerné. Près de 25% des cyclones du bassin Atlantique touchent une côte des Etats-Unis.  Dans ce cas, la différence entre une saison active et moins active devient pertinente et la prévision permet d’anticiper sur les moyens à mettre en oeuvre.

La troisième est qu’il faut toujours se rapporter aux données brutes et aux faits. Une prévision est un choix mathématique basé sur l’initialisation de variable (forçage). Et selon cette initialisation on aura des résultats différent ou adaptés à certains objectifs ce qui fait que cette prévision est intimement liée à la vision des choses et aux besoins de celui qui la publie. En l’occurrence ceux qui publient ces prévisions ont un objectif lié au risque sur les USA et non à celui pour une île de 80km de long. Et je m’en veux de donner ces informations de prévision lorsqu’elles sortent parce qu’elles génèrent des comportements et des analyses le plus souvent totalement irrationnelles (et la recherche du buzz des médias n’aide pas à tempérer).

Nous vivons en zone cyclonique et le danger est là quelle que soit l’activité de la saison. C’est la seule chose qui importe et qui doit guider nos choix de prévention pour ce risque durant la saison cyclonique, et surtout pas la lecture d’une prévision pour laquelle nous sommes statistiquement non pertinents !

Retrouvez toutes les statistiques cycloniques sur les pages dédiées : Statistiques cycloniques du bassin Atlantique, statistiques cycloniques de l’arc antillais et statistiques cycloniques des îles.

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