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Cyclones en cours et vigilance


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Comprendre la notion du risque cyclonique aux Antilles

Le 1 juillet 2020 à 18:01

Par Olivier Tisserant
4.95/5 (44)

Lorsqu’on vit aux Antilles, ou dans d’autres zones exposées, le risque cyclonique fait partie intégrante de notre vie 6 mois par an. Il influe sur nos décisions, nos choix, nos vacances, les entreprises s’organisent face à lui et les politiques tentent de l’appréhender le mieux possible (là, il y a des progrès à faire).

Il est aussi source de fantasmes, de fake news et de beaucoup d’irrationalité. Le but de cet article est de le rendre plus palpable et de lui donner sa juste importance, sans générer de stress inutile et sans le passer sous silence. Le tout accompagné d’exemples et de statistiques. C’est parti !

Les cyclones sur les Antilles depuis 1950

Introduction aux notions de risque cyclonique et avertissement

AVERTISSEMENT : quelle que soit la statistique et le risque lié,  la réalité est qu’en saison cyclonique et à court terme le risque est avéré et quasiment identique pour tous les territoires. Une fois ceci dit, passons aux notions de risques.

Il faut séparer 2 notions de risque : le risque statistique à long terme et le risque « réel » à échéance d’une saison en cours. Comme je l’ai indiqué au dessus, le risque saisonnier à échéance de quelques mois est difficilement quantifiable à l’échelle d’un territoire car très conjoncturel. Il faut donc le prendre avec la même approche quel que soit le territoire sur lequel on est. On est fin juin et globalement le risque pour la Martinique, la Guadeloupe ou les îles du Nord est identique à 5 mois.

Dans cet article je vais donc m’attacher à essayer de quantifier le risque sur le long terme (unités en décennies) pour les différentes zones et les territoires.  Cette quantification se fera à partir des statistiques cycloniques depuis 1950, soit 858 cyclones répertoriés. C’est un échantillon suffisant pour en tirer quelques tendances.

Échelle de grandeur des zones

Pour assimiler le risque statistique il faut comprendre les échelles de taille et l’exposition au risque des zones dont on va parler :

  • Le bassin Atlantique : 858 cyclones depuis 1950
  • L’arc antillais : 103 cyclones l’ont franchi sur la même période (12% du total)
  • L’île la plus impactée : 15 cyclones sont directement passés sur la Guadeloupe depuis 1950 (1,7% du total et 14,5% de l’arc)

On le voit, à l’échelle d’un territoire, même celui le plus touché historiquement sur l’Arc Antillais, le risque statistique devient extrêmement faible par rapport à l’activité du bassin Atlantique. Et même l’arc antillais dans sa globalité, qui est pourtant aux premières loges, ne représente « que » 11% des impacts des cyclones, alors que dans le même temps les côtes US sont autour de 25%. Donc le risque statistique doit être appréhendé à sa propre échelle.

Les facteurs de risque à long terme

Si l’on prend les statistiques depuis 1950 par territoire, on peut déterminer 3 facteurs de risque : la latitude du territoire, sa distance linéaire d’exposition et enfin une part d’incertitude inéluctable. Même avec un échantillonnage statistique approchant les 1.000 échantillons, il n’est absolument pas possible d’ignorer la part d’incertitude.

La latitude du territoire

C’est le facteur qui est à la base des plus gros fantasmes. « Plus on va vers le nord de l’arc, plus il y a de cyclones » … c’est la vox populi qui le dit !

Risque cyclonique sur l'arc antillaisAfin de déterminer la réalité de cette affirmation, j’ai partagé l’arc antillais en 4 zones : Le sud, de Grenade à Saint-Vincent, le centre-sud de Sainte-Lucie à la Martinique, le centre nord qui va de la Dominique à la Guadeloupe et le nord pour le reste. A partir de ce découpage, j’ai analysé les trajectoires des cyclones ayant traversé l’arc pour les répartir dans chaque zone et déterminer dans quelle mesure il y a un écart important et les zones qui sont au dessus ou en dessous de la moyenne qui est donc de 25% puisqu’il y a 4 zones à peu près égales.

Les chiffres sont assez intéressants :

Zone Nb de cyclones %
Nord 37 31 %
Centre Nord 35 29 %
Centre Sud 28 23 %
Sud 21 17%

(Le total des 4 zones est supérieur à celui de l’arc (97) puisque pas mal de systèmes sont passé par plusieurs zones.)

On voit qu’il existe bien une prépondérance au passage des cyclones entre le nord et le sud de l’arc. Mais elle est très peu marquée entre le nord de l’arc et le centre-nord. Seulement 2% d’écart sur 70 ans, ce n’est pas significatif et finalement la moitié nord de l’arc a un risque à peu près équivalent de la Dominique à Angilla.

En descendant dans la moitié sud, la différence devient de plus en plus marquée avec 6% de moins pour le centre-sud et encore 6% de mois pour le sud.

On a donc en réalité 3 zones statistiques : La moitié nord qui représente 60% des passages de cyclone, le centre-sud et le sud avec une différence de l’ordre de 6 ou 7% entre chaque. C’est très marqué entre la moitié nord et le sud.

On peut en conclure que la vox populi avait globalement raison et que la moitié nord de l’arc est plus exposée que le sud. Mais les différences sont moins importantes que ce que l’imaginaire voulait bien dire. La Guadeloupe est quasiment aussi exposée que les Îles du Nord par exemple, ce que beaucoup de personnes dans les Îles du Nord ne devaient pas vraiment imaginer. Et il est quand même passé 17 cyclones dans le sud ce qui reste non négligeable.

Je referais ultérieurement ces comparaisons mais en les ventilant par intensité des systèmes.

La distance linéaire d'exposition de chaque territoire

C’est un élément que personne ne prend en compte mais qui est pourtant primordial et qui explique en très grande partie les différences d’exposition entre 2 îles proches. Pour déterminer cette distance, on va séparer l’arc en 2 parties : de la Martinique au nord, les cyclones franchissent à 90% sur une route entre l’ouest et le nord-ouest. Et au sud de la Martinique, les cyclones franchissent à 90% sur une route vers l’ouest. Donc de la Martinique au nord, la zone d’exposition de chaque île est la côte sud et la côte Est alors qu’au sud de la Martinique, la zone d’exposition d’une île est essentiellement sa côte Est. Je vais prendre 3 exemples pour la démonstration : Sainte-Lucie, la Martinique et la Guadeloupe.

On voit bien que selon la latitude (et donc les axes de circulation des cyclones) et selon la taille d’une île, l’exposition est vraiment différente. La Guadeloupe a un linéaire d’exposition 3 fois supérieur à celui de Sainte-Lucie dans cet exemple.

Une île avec un linéaire d’exposition bien supérieur, à latitude à peu près équivalente aura statistiquement beaucoup plus de risque d’être directement touchée par le passage d’un cyclone.

L'incertitude et le facteur conjoncturel

Au delà de toutes les explications statistiques, il demeure l’incertitude et la conjoncture. Aucune statistique n’avait vu Lenny traverser la mer des Caraïbes d’ouest en Est et venir tourmenter les Îles du nord durant de très longues heures après avoir été nommé au large de la Colombie ! Ou même Ivan qui a réussi à se renforcer en Cat. 4 tout en longeant le 10N, ce qui est en terme de physique assez surprenant. Comme quoi, même à Grenade, le plus au sud de l’Arc, on est pas à l’abri d’un mauvais karma. Donc oui, l’incertitude et la conjoncture météorologique globale (oscillations diverses) on leur mot à dire sur l’intensité d’une saison mais aussi sur les trajectoires des systèmes, ce qui les mènent à braver parfois les tendances  statistiques.

Conclusion

Il faut tenir compte du fait que ces stats et ces calculs ont des biais. Ils ne sont pas du tout applicables à des territoires très peu exposés du fait de leur taille et/ou de leur latitude. Si on prend l’exemple de Carriacou, il sera difficile de mesurer le risque avec ces méthodes du fait de son exposition très limitée. C’est la conjoncture et la chance qui détermineront globalement le risque, comme à court terme. Si on prend celui de Saba, pourtant dans la zone très active de l’arc, le risque que le centre d’un système lui passe directement dessus est extrêmement faible du fait de sa taille minuscule. Mais pour des territoires comme les départements français, la Dominique ou Sainte-Lucie, on voit que le risque évalué est raccord avec le passé.

Ces chiffres montrent la prédominance de certains facteurs de risque sur le long terme, sur plusieurs décennies. Et il y a fort à parier que dans 30 ans ils se vérifieront encore même si, entre temps, sur une saison, ils peuvent être totalement remis en cause. Et n’oubliez que même la Guadeloupe, pourtant l’île de l’Arc Antillais la plus touchée, n’est impactée directement en moyenne que par 1,7% des cyclones qui touchent le bassin Atlantique (et un peu plus de 2% passent à moins de 30 km). 

J’espère que cet article vous permettra de mieux appréhender le risque pour votre territoire. Bien sûr ça ne saurait être une généralisation et encore moins une base pour la prévention. J’ai juste essayé de vous montrer à l’aide de statistiques pourquoi telle île est plus touchée que telle autre. Vous savez dorénavant pourquoi la Guadeloupe est largement plus touchée que les autres îles globalement !

Pour terminer, je répèterai quelque chose que je dis souvent : « En tant qu’humain, par nature égoïste, je préfèrerai toujours une saison extrêmement active qui ne me touche pas plutôt que la moins active de tous les temps avec un seul cyclone mais qui me passerait dessus !« . Les statistiques et les prévisions peuvent dire ce qu’elles veulent et être très pertinentes, la réalité du moment à un endroit donné est absolument IM-PRE-VI-SI-BLE !

 
 

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